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         Notre histoire 
                          roule, roule, roule,roule depuis des lustres,
                                     roule  godohoun godohoun  godohoun,

                                        et s’arrête
                                             
gbam ! 

      sur la belle sirène de Zoungbodji ; Pardon  sur euh…....; Non excusez-moi ; je ne suis pas inspiré : disons à demain.

           - Franck , si nous ne leur racontons pas notre histoire imaginaire dis-toi que nous avons signé d’emblée notre échec pour le concours FDM!

         - J’oubliais, Barnabé. Racontons leur alors vite l’histoire.

         -   Bon! Notre histoire roule alors et s’arrête sur un grand village aussi vaste que votre ventre. Un village aussi peuplé que le ventre de Dieu où les habitants ne connaissaient ni petit-déjeuner, ni déjeuner ni dîner. Connaissez-vous le nom de ce village ? Ne dites rien ; même si vous étiez Dieu, vous ne pourriez le deviner . Je disais donc que ce village aussi gigantesque que ma tête avait pour nom Zomaï. L’utilisation du feu était scrupuleusement interdite aux Hommes qui y vivaient. Dès lors , ils se contentaient de vin de palme et de crudités. Les femmes se faisaient régulièrement surprendre en flagrant de natte…euh de lit…non , délit ! d’adultère ; tellement la chaleur amicale était intense que seul, le chemin du Salut , c’était l'amour. 

           Un jour, alors que le chef du village de Zomaï , Dah Tévos , confortablement installé sur son trône, tenait une réunion avec les jeunes sur la destinée des générations à venir, Awontin, digne dignitaire du roi, mit le feu à une case pour savoir réellement les raisons qui motivent l’interdiction de l’usage du feu dans le village.

Savez-vous ce qui s’est passé ? Oui ! Bon, alors, je me tais. Non ? Je continue alors !

          Le roi se transforma en un grand serpent tenant en sa bouche un cure-dent. De ses dents fusaient milles feux. Tout son corps se mit  à rougir et tel un dragon il crachait du feu provoquant  l’incendie des concessions dans tout le royaume. Pour échapper à ce désastre, les femmes enceintes couraient plus rapidement que les hommes ; les estropies étaient irrattrapables. Tellement ils étaient plus rapides que les femmes enceintes qu'aujourd'hui que le meilleur record en sprint aux jeux olympiques devrait avoir honte; les hommes, les derniers de la course n'ont plus autre soucis: Comment vivre ses demains. Les vieux, qui n’en pouvaient s’enfuir, profondément blessés dans leur amour propre, trouvèrent leur corps calciné et n’avaient plus autre choix que le Paradis ou l’enfer. Ceux qui se sauvèrent leur vie menacée de cuisine à la Jeanne d’Arc remerciaient avec vive protestation leur dieu. D’un instant à l’autre, le serpent se mit à s’enfler ; C’était la panique totale ; oui, il gagna encore et encore du volume et s’éclata  gboum, telle une bombe, puis s’évapora. C’est alors à cet instant qu’on vit au sol à la même place une calebasse lumineuse bien couverte. Personne n’osait s’y approcher même les plus grands  bokonon ( charlatans) de la région s’en méfiaient. Même Awontin, le grand coupable de cet incendie macabre fut allègrement calciné par ce feu ambiant qu’il provoqua. Tout fumait. Même la nature en a payé les frais . Un gâchis total ! Certains rescapés s’éloignèrent vers la côte et d’autres c’est à dire les plus courageux restèrent mais sans abris. Des jours passèrent et des nuits aussi . Les produits agricoles se faisaient rares ; la terre devenue stérile n’offrait plus rien aux populations ; une grande disette s’installa . Rien n’avançait dans le village. Les jeunes du village devinrent de plus en plus gros comme un chêne, voyaient leur espoir s’amenuiser au grand bonheur des cimetières.

            Apparemment nul ne pouvait conjurer ce sort qui venait de s’abattre sur ce royaume. Les populations souffraient, leurs jours étaient noirs et leurs nuits toujours  blanches. Mais la calebasse  est restée là d’une luminosité grandissante. Elle brillait de mille couleurs féeriques et illuminait de fort belle manière tout le village. Quarante et un jours, plus tard , dans la nuit profonde, un vagissement strident déchira le silence . Une voix étrange se fit entendre :“ Je suis Dah Tévos votre roi. Cette calebasse est magique ; là réside la clef de votre bonheur ouvrez la et vous verrez”. Les habitants l’ouvrirent. De magnifiques bulles en sortirent et se transformèrent en arc-en-ciel. La calebasse  quant à elle se transforma en un grand iroko. Le ciel couvert de son drap noir compact végétant dans une tristesse inouïe laissait entrevoir cette transformation de la calebasse lumineuse en un arc-en-ciel.

            Le lendemain, les rescapés de cette étrange histoire revinrent de nouveau dans le village. La vie reprend son cours normal. De jour en jour, les produits agricoles se faisaient de plus en plus rares. La terre aussi stérile que le ventre d’une centenaire dix fois ménopausée rivalisait d’ardeur avec le désert.

            Quelques jours plus tard, alors que les jeunes se sont réunis pour  élucider le mystère de la calebasse, la  voix du roi se fit entendre de nouveau  depuis le ciel : «  Votre avenir et la prospérité de ce village dépendront de vous. Travailler, Faites des offrandes aux ancêtres, Quittez ce village et allez vous installer à Zomatchi, là où le feu, la lumière de la joie de vivre ne s’éteindra à jamais. Un jour viendra, vos frères qui se sont enfuis vers d’autres horizons à la suite de l’incendie s’apprêtent déjà pour le RETOUR. Aplanissez les voies et faites chanter les muscles. J’ai parlé. »

             Ils se regardèrent, stupéfaits ; le silence dans la chair, la peur dans les veines. La réponse à leur mal vient d’être trouvée. Le lendemain,  ils se remettent au travail, pourvus d’abnégation et d’optimisme. Zomatchi se transforma en un paradis. Les populations mangèrent à leur faim ; la terre était plus fertile et abondante en ressources. Les jeunes se sont minutieusement préparés pour accueillir leurs frères afin de boucher, ensemble, les trous de la jarre trouée.

                 Enfin le jour arriva. Les peuples ont accueilli  leurs frères ; c’était une grande fête. Ils mangèrent jusqu’à s’en mordre les lèvres et buvèrent à rompre la gorge. La paix les enveloppa tous à travers ZOMATCHI où le feu de l’Unité et de la Paix brûle et brille depuis des lustres. Et des lustres…Et des…Et…

  -        Ho ! Réveille-toi ! Tu rêve ou quoi ? l’histoire est finie ! ! !
-
      Ah non ! Elle continue…Dans les nuées de l’espoir…L’espoir d’un avenir…l’avenir d’une réunion…la réunion de toutes les nuées.

          Moralité du conte
Quoiqu'il arrive, la jeunesse doit garder espoir et travailler afin que demain, oui demain lui soit plus beau et prospère.