L’école
de Kfifan est accueillante. Dans la cour, des enfants jouent au ballon
comme tous les jeunes de leur âge. Ils sont souriants, gais. Et pourtant,
ce sont des enfants perdus, des délinquants mineurs inculpés de vols,
parfois de meurtre. Leur blessure est grande. Dans ce refuge de montagne,
ils vivent de vraies vacances... Un rêve qui bientôt prendra fin.
Demain, ils rentrent au centre de rééducation, un lieu fermé sous
haute surveillance.
Coup
d’œil au dortoir, ici on joue aux échecs, là on bavarde. Un groupe
se laisse photographier. Les jeunes ont entre 12 et 17 ans. Ils viennent
des centres de rééducation de Fanar et de Baassir. Depuis longtemps
ils ne vont plus à l'école. ils sont accusés pour la plupart de vols
de motos... Malgré « leurs crimes » si certains jouent aux durs, leurs
visages restent innocents. .
Rafic
constate « Quelle formidable expérience... On est bien loin du centre
de rééducation. On s'est fait des amis. On a appris l'amour, le respect,
le pardon... ce que doit être la vie en commun. Le retour va être
dur »
Ziad,
lui, a apprécié la confiance des moniteurs, tous universitaires volontaires.
Il s'est senti responsable. Une même charte pour tous: pas de regards
en coins, pas de jeux de mains. Et pourtant, ça avait mal commencé,
des bagarres il y en avait eu. Avec d'autres, ils ont préparé un journal
racontant leur séjour. Ils étaient 8 équipes, 56 enfants, bien sûr
les plus méritants parmi 240 délinquants, à partager l0 jours de bonheur:
Découverte du téléphérique, du simulateur, détente à la plage, visite
du château de Msaylha, pique-nique et repas dans un restaurant. Ils
sont même aller prier, des moments qu’ils ne connaissaient plus...
Tarek
raconte une journée type : on se croirait en colonie. Seule différence
: des discussions de groupes sur des thèmes comme le respect, l’avenir.
Ce camp de vacances a été offert par l'association Offrejoie. Une
idée originale courageusement acceptée par l'UPEL (Union pour la Protection
de I'Enfant Libanais) responsable des centres de rééducation.