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L' Engagement Pour Un Liban Uni, Plural, Juste et Libre

 

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« « L'Opération Plus Loin » a pour objectif le respect de l'être humain, l'enfant, son bien-être, ses droits. Elle veut prouver qu'un délinquant peut être rééduqué dans une ambiance à milieu ouvert, sans être soumis. L’action ne peut pas aboutir en 10 jours. C’est un travail de longue haleine. Il exige une formation adaptée, beaucoup de patience et d’amour »

Par L’avocat Melhem Khalaf Responsable de l’association Offrejoie

 

OFFREJOIE 98

L'été de toutes les audaces, avec « L'Opération Plus Loin »

C'est le jour et la nuit pour cette cinquantaine de jeunes délinquants transposés d'un milieu carcéral à une oasis d'amour et de liberté. 10 jours durant lesquels par le biais d'ateliers artistiques on a réussi à faire sortir le meilleur d'eux-mêmes. Un pur bonheur, éphémère dans le temps, mais gravé à jamais dans leurs esprits et dans nos souvenirs. Mais ce qu'il y a de plus merveilleux encore, c'est le suivi mis en place dès leur retour en maison de correction, ces visites assurées régulièrement par des équipes d'Offrejoie, et l'annonce qu'on est en train de préparer "Plus loin n'2"... Cela donne envie d'accélérer le cours du temps. Mais patience! On vous racontera!"

Marie-Pierre

 

 

L’école de Kfifan est accueillante. Dans la cour, des enfants jouent au ballon comme tous les jeunes de leur âge. Ils sont souriants, gais. Et pourtant, ce sont des enfants perdus, des délinquants mineurs inculpés de vols, parfois de meurtre. Leur blessure est grande. Dans ce refuge de montagne, ils vivent de vraies vacances... Un rêve qui bientôt prendra fin. Demain, ils rentrent au centre de rééducation, un lieu fermé sous haute surveillance.

Coup d’œil au dortoir, ici on joue aux échecs, là on bavarde. Un groupe se laisse photographier. Les jeunes ont entre 12 et 17 ans. Ils viennent des centres de rééducation de Fanar et de Baassir. Depuis longtemps ils ne vont plus à l'école. ils sont accusés pour la plupart de vols de motos... Malgré « leurs crimes » si certains jouent aux durs, leurs visages restent innocents. .

Rafic constate « Quelle formidable expérience... On est bien loin du centre de rééducation. On s'est fait des amis. On a appris l'amour, le respect, le pardon... ce que doit être la vie en commun. Le retour va être dur »

Ziad, lui, a apprécié la confiance des moniteurs, tous universitaires volontaires. Il s'est senti responsable. Une même charte pour tous: pas de regards en coins, pas de jeux de mains. Et pourtant, ça avait mal commencé, des bagarres il y en avait eu. Avec d'autres, ils ont préparé un journal racontant leur séjour. Ils étaient 8 équipes, 56 enfants, bien sûr les plus méritants parmi 240 délinquants, à partager l0 jours de bonheur: Découverte du téléphérique, du simulateur, détente à la plage, visite du château de Msaylha, pique-nique et repas dans un restaurant. Ils sont même aller prier, des moments qu’ils ne connaissaient plus...

Tarek raconte une journée type : on se croirait en colonie. Seule différence : des discussions de groupes sur des thèmes comme le respect, l’avenir. Ce camp de vacances a été offert par l'association Offrejoie. Une idée originale courageusement acceptée par l'UPEL (Union pour la Protection de I'Enfant Libanais) responsable des centres de rééducation.

L’Orient Le Jour, octobre 1998