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Histoire
Notre groupe a choisi de vous narrer une histoire.
Nous avons dans la réalisation de notre projet, vécue
des situations dont l'une mérite à notre sens d'être
connue, tant elle est le reflet d'une société nouvelle
qui a émergé en Côte d'Ivoire.
Comme mentionné plus haut, nous avons choisi comme place
publique " LA SORBONNE ", espace d'échange
et de libres expressions.
Tous les sujets y sont débattus, et ces derniers temps
une place particuliére est accordée à la politique,
eu égard à la situation qui prévaut dans le pays.
En effet depuis la chute de l'ancien régime, un Gouvernement
de transition à majorité militaire préside aux destinées
de la Côte d'Ivoire. Un certain nombre de changements a
été entrepris entre autres, la rédaction
d'un projet de constitution à soumettre à l'approbation du peuple.
Ce projet soulevait d'énormes polémiques en sa partie
relative aux conditions d'éligibilité à la Présidence
de la République.
Celui-ci devait-il être de pére "ET"
de mére ivoiriens ? ou
de pére "OU" de mére ivoiriens ?
Les débats allaient bon train dans la ville
à ce sujet et vous aurez compris que LA SORBONNE n'était
pas en reste. C'est dans un tel contexte que notre groupe s'est
retrouvé sur cet espace aux seules fins de recueillir des
images. Le photographe qui nous accompagnait pour la circonstance
a suivant nos instructions commencé le travail.
La suite des événements nous donne des frissons
rien que d'y penser. Notre photographe happé par a foule
tardait à réapparaâtre aprés s'y être
introduit pour prendre des photos. Nous nous sommes alors rapprochés
et grande fut notre surprise de voir des hommes essayant d'arracher
à ce dernier son appareil photographique. Jouant de nos coudes
nous avons réussi à entrer dans le cercle, nous présentant
comme responsables du photographe.
- " vous n'avez pas la parole ", nous lança un
monsieur gé tenant sur des béquilles.
Notre rôle venait d'être préciser: attendre
leur bon vouloir.
- " votre tord a été de croire que cet endroit
est un moulin dans lequel on entre comme on veut, nous lança
t-il.
Un silence glaciale se fit, les regards dirigés sur semblaient
furieux, réprobateurs, accusateurs. et il continua:
- "qui est ce monsieur avec l'appareil, un photographe, un
espion? pour qui prend-t-il ces photos? a quelles fins seront
utilisées celles-ci ? voilà jeunes gens, les questions
qui nous préoccupent pour l'instant".
Au même moment un autre intervenant, un jeune homme, pris
la parole pour dire qu'en sa qualité de licencié
en droit, il puit dire que nous ( le groupe ) avons le droit de
nous expliquer avant qu'il ne faille trancher. La parole venait
enfin de nous être attribuée. nous avons du prouver
notre identité à l'aide de nos cartes d'étudiants
avant d'expliquer le projet que nous avions à mener et les actions
à accomplir dans ce sens. Nous étions deux, Kadia Georges
et Safiétou Ouedraogo. Explications données,
il n'y avait pas de raison de nous retenir. Mais ces messieurs
avaient à l'esprit de nous titiller un peu. il fut demandé
à Georges son nom, moi, n'étant qu'une femme je n'avais
aucun intérêt à leurs yeux. il fut également
demandé à Georges sa position quant au projet de constitution.
Etait-il un vrai Ivoirien donc pour le "ET" ou faisait-il
partie des partisans du "OU"? vous aurez compris que
le débat déviait dangereusement.
Cependant, les dameurs de la foule nous dispensérent d'une
réponse. Moi qui croyait sauvée de leur foudre,
je venait d'être à nouveau interpellée et cette fois
il me fut demandé ma nationalité. étant toujours
Burkinabé malgré mes douze ans passés dans
ce pays, je tremblais à l'idée de me voir mal traitée.
- "Je ne suis pas ivoirienne", me hasardai-je.
- "tu as tout gté hein ma fille", me répondit-il.
Et tout autour de moi, ce n'était que rires et commentaires.
J'avais une seule envie, celle de rentrer sous terre afin d'échapper
à tout ceci; car je ne trouvais plus tout cela drôle. Heureusement,
un homme dans la foule a réussi à distraire tout le monde
en affirmant haut et fort :
- "une femme n'a pas de nationalité, tout comme un
pagne blanc, elle prend la couleur de la teinture dans laquelle
on la plonge. Ma soeur a épousé un japonais et parle
correctement leur langue.
- "C'est vrai, ajouta le vieil homme aux béquilles.
Aussi ma fille, puisque tu es avec notre fils Kadia qui est ivoirien,
tu l'es également si nous considérons que vous êtes
mariés".
Sauvée par le gong ! je n'en croyais pas
mes oreilles, même si me "marier" à mon coéquipier
devait me sauver de ces personnes, j'acceptais volontiers.
- "vous auriez dû nous prévenir avant toute
chose car LA SORBONNE, malgré le désordre apparent
est une organisation au sens le plus large. Nous avons nos lois
et nous souhaitons qu'elles soient respectées. Souvenez-vous
en la prochaine fois. Allez en paix et que le Seigneur vous guide
dans la réalisation de votre projet".
Voilà ce que deux membres de notre groupe ont vécu
un aprés-midi, à LA SORBONNE.
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